Izana, la voleuse de visage – Daruma Matsuura

 

CHRONIQUE LIVRE #290 : Izana la voleuse de visage – Daruma Matsuura

Résumé :

 

 

 

Dans le monde d’Izana, il y a le dedans et le dehors. Le dehors, c’est tout ce qui s’étend au-delà des murs de la maison : le soleil, les arbres, les autres… tout ce qu’elle n’a jamais vu autrement que dans ses livres ou à travers les carreaux. Car depuis sa naissance, elle vit recluse, bien à l’abri entre quatre murs. Car si d’ordinaire, la laideur n’est pas un crime, il règne dans le village une terrible superstition. Autrefois se seraient affrontées une sorcière d’une grande laideur et une prêtresse d’une grande beauté : la première, victorieuse, aurait volé son apparence à la seconde. Depuis lors, toute petite fille laide née une certaine année est tuée sur-le-champ, sous peine de porter malheur aux habitants…

 
 
 

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AVIS :


 

Je remercie les éditions Lumen pour l’envoi !

 
 

La légende raconte qu’autrefois, une ogresse et une grande prêtresse se seraient affrontées. L’une d’une grande laideur, l’autre d’une grande beauté. Ce serait la première qui aurait vaincu et pour assouvir sa vengeance, aurait volé le visage de la seconde. Depuis ce jour, chaque enfant né l’année du cheval de feu et porteuse d’un visage disgracieux est tué sur le champ par crainte que l’ogresse ne se réincarne en elle. Superstition, infanticide caché, peur, croyances… C’est dans cette atmosphère trouble et mystérieuse que l’on va suivre Chigusa, une infirmière qui ne va pas avoir le cœur de tuer Izana à sa naissance et va la cacher au yeux de tous… Car si avoir un enfant n’est pas interdit, protéger une petite fille au visage monstrueux née cette fameuse année maudite, l’est…

Je ne savais pas dans quoi je me lançais, ce fût totalement la surprise.
Quand on débute cette histoire on ne sait pas du tout où l’auteur veut nous emmener, ce qu’on va y trouver, ce que l’on va nous proposer. On a une vague idée en lisant le résumé des thèmes généraux, mais rien de bien précis. Et je dois dire que je n’ai pas été déçue. Je trouve que ça reste tout de même assez simple, on ne se prend pas la tête, les choses se mettent en place et se développent doucement c’est plutôt agréable. L’intrigue était vraiment un gros point d’interrogation. Et cette énigme se révèle être une jolie surprise et une histoire beaucoup moins noire que je ne l’avais imaginé, ce qui ne m’a pas dérangé du tout.
Alors même s’il ne se passe pas énormément de choses, ce bouquin vaut le coup pour l’ambiance mise en place.
Une ambiance mystique, étrange, troublante. Une atmosphère bercée par les légendes, que j’ai trouvé absolument géniale. Même si l’action n’est pas toujours au rendez-vous, le lecteur est totalement immergé dès les premières minutes dans des superstitions et des influences japonaises hyper prononcées. Tout tourne vraiment autour de ces légendes anciennes, de cette ogresse et de cette prêtresse qui a engendré énormément de pertes et de terreur chez les villageois. On ressent très bien cette crainte chez certains personnages, mais surtout et avant tout, la puissance que cette légende peut avoir, malgré les siècles passés. Tout est régi autour de ces textes anciens. On sent presque la paranoïa dans l’air et le besoin de respecter ces règles à tout prix au risque de voir l’hideuse ogresse réapparaître et les punir.
Ce qui est dommage c’est que ce soit quand même assez prévisible. Ça reste un récit un peu fou, rempli de folklore et de magie noire, bien écrit mais moins addictif que je ne l’espérais.

 
 

Dehors c’est dangereux.
Tu dois me promettre de ne sortir sous aucun prétexte.

 
 

J’ai eu énormément d’empathie pour le personnage d’Izana.
Tout de suite, on ne peut que s’attacher à elle et la prendre en pitié pour ce qu’elle vit. Elle n’a rien demandé, elle ne connaît rien de sa condition et vit recluse dans cette maison en pensant qu’elle a fait quelque chose de mal pour ne pas avoir le droit de découvrir le monde extérieur, alors que son seul crime et d’être née cette fameuse année du cheval de feu. J’ai trouvé bien fait et intéressant de pouvoir découvrir les paysages et l’extérieur à travers les yeux d’Izana qui ne connaissait rien de tout ça. Il y a dans cette jeune fille beaucoup de simplicité et de naïveté qui font qu’on l’apprécie tout de suite. Et à la fois quand on connaît toute l’histoire et qu’on referme le roman on ne peut s’empêcher d’être un peu paumée et de ne pas savoir où vraiment se placer.

 

J’ai adoré le côté atypique du roman.
Bien que le bouquin traite essentiellement de cette fable ancestrale et de tout ce qui en découle, on se concentre durant la majeure partie du roman sur Izana, sur sa vie et son apparence. On aborde tout ce côté acceptation de soi qui peut-être difficile, ses complexes et sa manière de se voir, mais aussi son ressenti vis à vis de son visage qui a changé en grandissant. De princesse à monstre. On a vraiment ce côté propre à l’adolescence où le regard qu’on porte sur soi est beaucoup plus dur et intransigeant. C’était vraiment bien fait, le rôle de l’apparence, c’était acéré et à la fois très juste.
Ce qui est regrettable dans ce roman, c’est qu’il n’est pas très long mais qu’au final il ne se passe pas grand chose, excepté dans les 50 dernières pages où là enfin tout bouge et se débloque pour nous servir une conclusion explosive et mordante, bien qu’ouverte. C’est dommage car le rythme est assez lent et aurait pu être peut-être un peu plus énergique si l’histoire ne se résumait pas à suivre Izana durant 18 ans de sa vie. Autant le début est intéressant quand elle est enfant, autant le milieu du livre stagne un peu et traîne en longueurs.
Je garde tout de même en tête que c’est un premier roman, et pour un premier roman c’est une jolie réussite. L’auteur à réussi à me faire ressentir plein de choses, de l’empathie, de la colère, de la frustration, mais plus encore la force des superstitions et le pouvoir qu’elles peuvent avoir sur un peuple entier qui vit en fonction des légendes. Je vous le recommande si vous êtes intrigués, ce n’est pas un coup de cœur, mais c’est une jolie découverte que je suis contente d’avoir tentée !

 
 

*Moi durant le dernier quart du livre*

 
 

En espérant que cette chronique vous ai donné envie,

 
 
 

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2 réflexions sur “Izana, la voleuse de visage – Daruma Matsuura

  1. Ca a l’air plutôt sympa, mais j’ai un peu peur de la prévisibilité du machin. Par contre, franchement, tuer à la naissance les enfants pas jolis-jolis, c’est raide, parce que les nouveaux-nés sont souvent pas très beaux quand même xD

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    1. Ah ça j’ai pas été surprise c’est sur, sauf peut-être pour quelques passages et détails mais ça reste en soi pas mal attendu, même si au final c’était agréable à lire 🙂
      mdrrrrr j’ai pensé la même chose !! Mais là c’est pas qu’ils sont que pas jojo, ils sont carrément défigurés limite….

      J'aime

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