Quand la nuit devient jour – Sophie Jomain

 

CHRONIQUE LIVRE #272 : Quand la nuit devient jour – Sophie Jomain

Résumé :

 

 
 

On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse. Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016.

 

 
 
 


AVIS :


 
 

J’avais peur de commencer ce livre. Pas à cause du sujet qui me tentait beaucoup mais plutôt à cause du genre. Je suis plus habituée et adepte du young adult que de la lecture plus mature on va pas se mentir. J’avais peur de passer à côté du récit, de ne pas réussir à vraiment m’y intéresser et pourtant ce bouquin m’a clairement mit une grosse claque. Comment vous expliquer à quel point ce livre m’a brisé le coeur. Je l’ai lu avec la gorge nouée du début à la fin. Je ne connaissais Sophie Jomain qu’à travers « Les étoiles de Noss Head » et vous vous doutez bien qu’avec « Quand la nuit devient jour » on est dans un tout autre registre. Alors est-ce que ça l’a fait ? Oui, oui et oui.

C’est un bouquin extrêmement dur à lire. C’était éprouvant je pense que c’est le mot qui correspondrait le mieux.
Les 40 premières pages font office de prologue et on va suivre Camille à travers son enfance, son adolescence et sa vie d’adulte, on va la suivre dans ses crises, ses déprimes, ses chutes, ses rechutes. On la suit et on entrevoit ce qu’a été sa vie et ce qu’elle a enduré pour en arriver à cette décision radicale. Camille ne supporte pas son corps, Camille ne se supporte pas tout court. Camille a envie de mourir. Ce prologue, cette première petite partie était tout simplement déchirante. J’ai eu extrêmement de mal à me détacher pour souffler un peu, j’étais tendue, j’étais peinée de voir à quel point cela a été difficile pour elle. Pourtant entourée de parents aimant elle n’a jamais su s’aimer elle-même et s’accepter. Et comme elle nous l’annonce, le 6 avril 2016 elle va mourir. Tout commence véritablement à partir de ce moment.
Je ne vous dirais pas comment elle a décidée de donner fin à sa vie, je l’ai su en le lisant et je souhaiterais que vous le découvriez également de la même manière. Le savoir avant gâcherait à coup sûr le choc que vous vous prenez en pleine face en apprenant la nouvelle et je m’en voudrais de priver l’auteur de ce droit. Chacun aura une opinion diffèrent sur la question, le mien sera peut-être différent du vôtre ou de celui du voisin mais qu’importe au final ce n’est pas le débat.

 

 
 

Impossible pour moi de qualifier ce livre de coup de cœur tant il m’a remué les tripes. Il mérite d’être lu, il mérite d’être découvert car c’est une histoire bouleversante mais ce ne sera pas un livre que je conseillerais à tout le monde. Ayez le coeur bien accroché si vous vous décidez à le découvrir car il va sacrément sapé votre moral !
L’écriture est poignante. C’est hyper vrai, hyper réaliste. Il est clairement impossible de rester de marbre durant cette lecture, on est assailli par différents sentiments, la colère, l’incompréhension, la douleur… On a envie qu’elle se batte, on a envie de croire qu’elle vaincra cette dépression qui la ronge et en même temps on a envie qu’elle trouve enfin la paix qu’elle attends depuis si longtemps déjà. On est partagé entre notre morale et ce que nous dicte notre coeur. Sophie Jomain a un véritable don pour toucher ses lecteurs et nous faire ressentir tout un tas de choses en même temps. Si je peux vous donner un conseil, lisez le d’une traite. Prenez-vous un après-midi au calme et dévorez-le, c’est assez court et ça va de toute manière tellement vous emportez que vous ne vous rendrez pas compte que plusieurs heures se sont déroulés.

 

En fait, ce qui était particulièrement difficile à assimiler et à avaler c’est le fait de savoir quand est-ce qu’elle allait mourir.
On le sait. On le sait dès le résumé, dès la première pages. Tout du long il n’y a pas de doutes possibles, elle est décidée, on en est conscient et on a beau vouloir de toute nos forces le contraire rien n’y changera rien et c’est ce qui était profondément déstabilisant. Dés le début tout est déjà scellé. C’est un livre qui touche vraiment au psychologique et c’est ce qui m’a énormément plu. Même si c’était vraiment douloureux, je n’ai pas pleuré. Certains passages y prêtaient pourtant, mais l’histoire n’était pas tournait dans ce sens là vous voyez ? Ce n’était pas un livre mélodramatique qui est écrit pour tirer des larmes au lecteurs. Ici, on suit simplement la vie de cette femme qui est à bout et qui nous explique avec beaucoup de simplicité et de sincérité son calvaire. Oui c’était poignant mais cela risque plus certainement de vous briser le coeur que de vous inonder les joues de perles salées.

La seconde partie du roman quant à elle est plus lumineuse et plus optimiste.
C’est moins déprimant si je puis dire et même si le sujet pèse toujours sur le récit c’est moins noir. D’ordinaire je déteste les fins ouvertes, j’aime savoir les choses, j’aime connaître chaque détails, chaque faits et pourtant là ça ne m’a pas dérangé une seule seconde car ça collait parfaitement à l’histoire. Parce que ça collait au moment, parce que ça méritait cette petite incertitude, ce moment de doute et ça permet surtout à nous lecteurs, de nous imaginer notre propre fin. Une très belle histoire !

 
 

*Moi une fois que je l’ai terminé*

 
 

En espérant que cette chronique vous ai donné envie,

 
 
 

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8 réflexions sur “Quand la nuit devient jour – Sophie Jomain

    1. C’est sur que si tu te plonges dedans faut être certaine de pouvoir avoir le coeur assez accroché… Mais c’est quand même une histoire si bien écrite que je ne peux que te dire de tenter quand tu le sentiras 🙂

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  1. Je l’ai lu la semaine dernière et cette histoire m’a tellement déchiré le cœur que je ne savais pas comment écrire une chronique sur ce roman. Alors je te félicite car ton article est très bien et que tu me donnes une deuxième fois envie de le relire. Et je me suis dit du coup, que je n’ai pas eu tort de l’acheter. Car oui, c’est une histoire assez, même beaucoup triste et avant de l’entamer il faut vraiment ce dire qu’on ne va pas lire quelques choses de très gai. Enfin voilà, encore bravo pour ton article 😊

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