Phobie douce – John Corey Whaley

CHRONIQUE LIVRE #238 : Phobie douce – John Corey Whaley

Résumé :

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De toute façon, Solomon n’avait jamais besoin de sortir de la maison. Il avait de la nourriture. Il avait de l’eau. Il pouvait voir les montagnes depuis la fenêtre de sa chambre. Ses parents étaient si occupés qu’il organisait sa vie à la maison à sa guise. Jason et Valérie Reed n’intervenaient pas, parce que finalement céder à leur fils était la seule solution pour qu’il aille mieux. À L’âge de seize ans, il n’avait pas quitté le domicile familial depuis trois années, deux mois et un jour. Il était pâle, assez souvent pieds nus, et allait plutôt bien.

 
 
 
 
 

❝ Parfois la vie est un triste verre d’eau du robinet,
Parfois c’est une grande limonade servie dans un verre givré avec une rondelle de citron vert ❞


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Avis : J’avais demandé ce livre parce qu’il me faisait extrêmement envie, la couverture, le résumé, le thème, l’attractivité d’une nouvelle plume à découvrir, j’avais envie de m’y plonger, et sans être prévenue à l’avance j’ai eu le bonheur de trouver ce livre dans ma boite aux lettres pas plus tard qu’hier matin. Honnêtement j’ai tout mit en pause pour le commencer, et je l’ai lu d’une traite, tant il m’était compliqué de le lâcher.
Un coup de cœur surprenant !

Solomon n’a que 16 ans et Solomon souffre d’agoraphobie doublée de crises de panique plus ou moins violentes. Solomon n’est pas sorti de chez lui depuis 3 ans, n’a plus aucun ami, ses seuls contacts étant ses parents et sa grand-mère un peu foldingue. Mais quand Lisa, petit bout de femme de 17 ans intelligente et déterminée, et son petit ami Clark pointent le bout de leur nez, sa vie s’en sort changée irrémédiablement.

J’ai adoré. J’ai vraiment adoré. C’est un livre jeunesse et pourtant ce thème des désordres mentaux, qui peut-être difficile à traiter est abordé de manière très juste sans jamais tomber dans le cliché ou dans le pathos. Et c’est ça qui fait que ce bouquin est une réussite.
L’auteur n’a pas du tout voulu qu’on plaigne Solomon, on nous expose seulement ses problèmes, différents d’ados lambda de son âge c’est certain. On nous propose d’apprendre à le connaitre, et sincèrement, on tombe sous le charme dès les premières minutes en sa compagnie.
Une chose que j’ai beaucoup aimé, c’est le fait que les bases sont posées doucement. L’histoire n’est ni enrobée de longueurs inutiles ni d’une rapidité excessive qui gâcherait toute la beauté du livre.
L’auteur prend son temps pour nous emmener là où il veut nous emmener. C’est simple mais tellement bien exécuté qu’on ne peut que se laisser bercer en attendant la suite.

Je ne pensais pas, en entamant ce livre, que je l’aimerais autant.
J’accrochais bien à l’intrigue mais je trouvais la plume peut-être un peu trop simple et peut-être un peu ciblée jeunesse et pourtant quand je referme ce livre, je me rends compte que rien n’existait autant durant ma lecture. Impossible de le lâcher, impossible d’abandonner Solomon seul chez lui sans compagnie. « Phobie douce » m’a volé quelques heures de sommeil mais je ne regrette rien. Maintenant que j’ai terminé ce livre je peux vraiment vous dire que c’est une merveilleuse découverte, un petit coup de cœur, de ceux qui sont inattendus et terriblement dévastateurs. Un joli récit plein de tendresse, écrit avec une justesse incroyable.

 

Le point fort de ce roman c’est définitivement l’humour.
On passe un excellent moment du début à la fin. Sol, Clark et Lisa forment un trio tant improbable que magnifique. Ils m’ont fait sourire, rire, ils m’ont aussi parfois énervé mais c’était toujours un vrai plaisir de les suivre. C’est un humour parfois noir, parfois mordant, parfois graveleux. Sol est vraiment un garçon plein de surprises, un brin timide, sincère, qui n’a pas peur de se moquer de lui-même et ça j’ai vraiment apprécié. C’est une petite perle.
J’ai beaucoup d’attachement à ces personnages. Je les ai trouvés vraiment tous très touchants dans leur manière d’agir. Bien que j’ai parfois eu du mal avec le personnage de Lisa et ses motivations quant à son amitié avec Sol, mais elle a bon cœur et comprend ses erreurs même si parfois il est trop tard et que le mal est déjà fait, c’est une fille aveuglée parfois par sa trop grande estime de soi.
Gros gros coup de cœur pour les parents de Solomon par contre. Ils sont juste géniaux. Je rêverais d’être comme eux plus tard avec mes enfants, si détendus, drôles tout en gardant leur place de parents. Ils font tout pour que leur fils se sente mieux. Comment ne pas craquer pour eux ?

Autre point qui m’a ravi : il y’a beaucoup de rythme.
Bien qu’on soit dans un young-adult assez classique, on ne s’ennuie pas une seule seconde. On alterne à chaque chapitre entre le point de vue de Lisa et de Sol. Même si il n’y a pas énormément d’action je dois le reconnaître, le livre est un condensé d’émotions.
La plume de l’auteur est enivrante on se prend vraiment au jeu. On est complètement immergés dans la vie de cet ado si particulier. Peut être que oui c’est vrai il ne s’y passe pas grand chose mais c’est en tout cas une histoire bien plus captivante que certains policier ou young-adult que j’ai pu déjà lire par le passé. Au fil des pages on a l’impression de les connaître je vous garantis que je n’avais aucune envie de les quitter. J’ai eu le cœur déchiré quand je voyais que la fin se profilait, je n’avais pas envie de les laisser derrière moi.

Je suis à la fois triste de terminer cette histoire et heureuse d’avoir eu la chance de la découvrir.
Il est de ces romans qu’on aimerait, à peine terminés, recommencer du début et le redécouvrir en étant encore inconscient du petit chamboulement qu’il va nous apporter. « Phobie douce » était de ce genre là. Un roman sensible et pourtant ô combien percutant et douloureux par certains aspects.
C’est un très beau bouquin avec un message très important. Un hymne à la vie, criant qu’il faut du courage pour affronter ses démons qu’ils soient grands ou petits. Une petite pépite dans la littérature ado que je vous recommande chaudement si vous avez adoré par exemple « Audrey retrouvée » de Sophie Kinsella. J’ai adoré la conclusion de ce livre, une fin ouverte mais pas si ouverte finalement, laissant imaginer au lecteur un futur plus radieux.
Je mentirais en disant que ce livre laisse indemne. On en ressort bouleversé, le sourire aux lèvres mais aussi le cœur serré et rempli d’espoir.
C’est un livre poignant à la plume parfois un peu simple mais terriblement saisissante. Un régal qu’on aimerait voir durer plus. 300 pages puissantes d’amitié, d’amour et de confiance que je recommande aux ados comme aux plus grands. Une diamant brut à se procurer d’urgence !!

 
 

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2 réflexions sur “Phobie douce – John Corey Whaley

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