Terminus Elicius – Karine Giebel

CHRONIQUE LIVRE #199 : Terminus Elicius – Karine Giebel

Résumé :

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  « Ma chère Jeanne,
J’aimerais que vous m’aimiez comme je vous aime. Mais, pour m’aimer, il vous faut me connaître. Savoir ce que je suis… Certains diront un monstre. D’autres chercheront des explications lointaines, surgies de mon passé. Beaucoup jugeront, condamneront. Mais qui comprendra vraiment ? Vous, je l’espère. Hier soir, j’étais avec une autre femme que vous.

Mais je ne suis pas resté longtemps avec elle.
Juste le temps de la tuer… »

 
 
 

Avis : Je dois bien reconnaître que j’étais très impatiente de découvrir ce thriller. Karine Giebel est une auteur que j’aime bien, j’ai lu plusieurs de ces livres, toujours de bonnes lectures, sans jamais vraiment me prendre aux tripes, mais on ne va pas se plaindre haha.
Quand j’ai reçu dans ma boîte aux lettres « Terminus Elicius » je n’avais qu’une envie : me plonger dedans le plus vite possible. Et mon dieu que j’en ressors déçue…
Je remercie les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman !

Malheureusement pour moi je n’ai pas du tout adhéré à ce thriller. Le fond de l’histoire était très prometteur, cette promiscuité soudaine avec un tueur qui vous transmet chaque jour, sous votre siège dans le train, une lettre personnelle, ça aurait pu être vachement intéressant mais pour moi la forme n’était pas à la hauteur. Je garde en tête bien-sûr que c’est l’un de ses premiers romans, réédité aujourd’hui chez Belfond, mais ça reste un de ses premiers écrit, donc c’est normal que le texte et les formules soient plus maladroites.
Mais tout de même beaucoup trop de choses m’ont déplu dans cette histoire pour que je les occulte.

Premier point qui saute aux yeux, et c’est un sentiment qui est resté jusqu’à ce que je ferme le livre, c’est cet effet de routine. Il s’y passe toujours la même chose : elle se lève le matin, attrape son train, va au travail à la gendarmerie, puis reprend son train qui la ramènera chez elle à Istres, découvre des lettres et la boucle se renouvelle chaque jour. Quand le lecteur se retrouve à suivre ce schéma 3, 4 fois, je peux vous dire qu’à la fin ça devient terriblement ennuyeux. Et c’est ce qui est dommage c’est que ce soit redondant car ça aurait pu être beaucoup plus animé et beaucoup plus surprenant malheureusement il y a très peu d’action ce qui rend le rythme du livre mou. Pour tout avouer ça a tué dans l’œil mon euphorie du départ à découvrir un nouveau Karine Giebel.

Autre chose qui m’a fait tiqué et qui m’a du coup peu aidé à apprécier le livre, c’est la façon d’être de notre héroïne.
J’ai été dérangée par le personnage de Jeanne. Je n’ai vraiment pas accroché à sa personnalité maniaque et naïve. Elle travaille dans la police mais ne rapporte pas au chef que le tueur que tout le commissariat recherche depuis 2 semaines communique avec elle ? Quelle genre de personne a cette réaction ? Je ne vous spoil pas, on le sait dès le départ qu’elle ne confie pas cette découverte à ses supérieurs.
A plusieurs reprises on la voit se parler toute seule, alors oui, on s’est tous déjà parler, pour se donner du courage ou se motiver, mais sa manière à elle était vraiment particulière, ces longs monologues, jonglant tantôt entre la raison et la colère comme si deux personnes vivaient en elle m’ont mise assez mal à l’aise.

Cette relation par lettre qu’elle entretient sans jamais l’avouer est vraiment malsaine. On sent au fil des pages qu’elle le protège, qu’elle le… Défend presque ? Cet homme est un assassin et on la sent tiraillée entre sa conscience et son bonheur d’avoir été remarquée par un homme. Je trouve sa manière de réfléchir complètement insensée. J’ai eu le ressenti qu’elle s’attachait à lui d’une certaine manière même si elle avait conscience qu’il avait commis de mauvais actes, elle ne peut s’empêcher d’espérer et d’attendre avec impatience chaque nouvelle lettre. Ça m’a choqué et profondément tapé sur les nerfs alors rien que pour ça bravo à l’auteur qui est arrivé à me faire détester son personnage. Elle arrive à retranscrire cette dualité entre ce qui est moral et immoral à la perfection.

J’ai été déçue que le déroulement de l’enquête ait été brouillon et s’enchaînait parfois trop vite, on passait beaucoup de temps sur les lettres, très peu sur l’enquête à proprement parler. Certains passages auraient mérité d’être plus détaillés et c’était peu crédible par moments malheureusement.
Malgré cela, j’ai tout de même quelques points positifs, je n’ai pas non plus détesté ce roman.
Pour commencer, l’alternance des personnages. Un chapitre on suivait Jeanne, l’autre Esposito le capitaine de police. J’ai bien aimé son côté buté et tenace, on sent qu’il veut coincer le meurtrier. Son personnage est, à mon grand regret, peu creusé ce qui fait que le lecteur ne peut s’attacher à lui réellement. On suit l’histoire de loin sans vraiment être propulsés au cœur de l’enquête et on ne la vit pas à 100%.

J’ai beaucoup aimé par contre l’ambiance générale de ce livre. Il y a dans « Terminus Elicius » des zones d’ombres, très sombres et secrètes qui apportent ce suspense et qui font qu’on ne peut abandonner notre lecture avant de l’avoir terminée et de connaître la vérité. J’étais très intriguée sur le passé de Jeanne et son fameux « Michel » mais surtout sur l’identité de ce fameux tueur du train. Ai-je été satisfaite du dénouement ? Je l’ai trouvé plutôt classique, mais c’était bien tourné et ça m’a convaincu.

Pour conclure cette longue chronique, vous l’aurez deviné, ce ne fut pas pour moi le thriller du l’année. Je n’ai pas forcément passé un excellent moment de lecture car beaucoup de choses m’ont déplu et dérangé. Néanmoins la psychologie du personnage de Jeanne et les nombreux points d’interrogation de la trame rende l’histoire plus attrayante et nous pousse à arriver à la fin.

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2 réflexions sur “Terminus Elicius – Karine Giebel

  1. A savoir que tu as la réédition de sa toute première nouvelle éditée bien avant Juste une ombre son premier roman.
    Le côté nouvelle m’avait un peu dérangé car pas assez développé, mais j’avais bien aimé aussi. Sachant que c’est son premier écrit, ça laisse promettre pour la suite…. qu’on connaît. Par contre 15 euros pour une nouvelle couverture ils se font pas chier, moi je l’avais eu à 8 euros.

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    1. Oui oui je sais que c’est une réedition je le dis dans mon avis, mais j’ai trouvé franchement bof…
      Y’a la nouvelle « Aurora » en plus mais c’est sur que le réédité en grand format direct ça n’allait pas être a 8€ mdrr

      J'aime

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