Extinction – Matthew Mather

CHRONIQUE LIVRE #52 : Extinction – Matthew Mather

(480 pages)

Résumé :

« Alors qu’une gigantesque tempête de neige s’abat sur Manhattan, Internet s’effondre, entraînant dans sa chute les infrastructures municipales : l’électricité, l’eau courante… Le black-out est total, les vivres viennent à manquer. Dehors, c’est la loi de la jungle, entre pillages et épidémies. On accuse les Chinois, les cyberpirates. La faim, le froid, la soif guettent à chaque corner – mais l’ennemi le plus redoutable partage sans doute votre palier… Dans la résidence de Chelsea où, hier encore, les voisins se pressaient joyeusement autour d’un barbecue, confiance et solidarité s’érodent peu à peu.
Mike Mitchell, jeune père et ingénieur aisé, sait que la menace peut surgir de partout. Aucune barricade ne peut garantir contre la trahison, l’égoïsme, la paranoïa…
Sa vie, celle de sa femme et de son fils ne dépendent que de son jugement. À mesure que la communauté se disloque, l’extinction opère son effroyable sélection naturelle… »

9782265098688

 

Avis : L’histoire d’Extinction commence par un sympathique barbecue entre voisins sur le toit d’un immeuble à New-York quelques jours avant Noël. Les steaks sont sur le feu, les bières sont au frais, tout le monde profite de ce moment paisible pour parler de tout et rien, et c’est dans cette atmosphère tranquille qu’on fait la connaissance de Mike, notre personnage principal mais également de sa femme Lauren, de son fils Luke et de son voisin et ami Chuck. Mais le lendemain tout ne va pas se passer comme prévu, une brusque coupure de courant plonge l’immeuble mais aussi toute la ville dans le noir. Puis ce fut au tour de l’eau de manquer et le froid et la terreur prennent place insidieusement dans le tableau. Mais que se passe-t-il ? Est-ce une cyber-attaque des chinois, des Russes, des Iraniens ? Quand retrouveront-ils de l’eau potable, de quoi se chauffer par ces températures hivernales ? Quand tout reviendra-il à la normale ?

J’ai acquis ce livre à sa sortie et je le trouvais parfait pour cette époque de l’année, juste avant les fêtes qui approche, quand les températures baissent et que le soleil se couche tôt. Je me suis donc plongée dans ce bouquin post-apocalyptique bien au chaud sous mon plaid, devant le sapin allumé. J’ai beaucoup aimé ce livre, vraiment beaucoup. Matthew Mather a réussi à créer une ambiance toute particulière à ce roman qui traite d’un sujet maintes et maintes fois abordé et pourtant il s’en sort très bien en prenant son temps et en ne lésinant pas sur les détails. J’ai bien aimé voir tout le déroulement de cette crise qui touche les Etats-Unis. On assiste aux jours qui précèdent le drame, puis pendant et enfin après. Si je ne devais employer qu’un seul adjectif à ce livre ce serait oppressant. L’univers est vraiment oppressant. On voit la dégradation de l’immeuble, on nous décrit le manque d’eau, le manque de nourriture, les dégâts de la malnutrition sur les voisins de Mike, les pertes de poids, les actes criminels qui poussent chaque personne à agir pour sa survie et parfois pas des meilleures façons. Certains n’hésitant pas à tabasser d’autres humains pour un peu d’eau ou un bout de fromage. Le but étant de survivre jour après jour a ce qu’appelle les médias une cyber-attaque. Cloîtrés dans leur immeuble ils n’en savent pas beaucoup et se perdent en spéculations sur les auteurs de cette attaque.

Un des points que j’ai adoré c’est la paranoïa toujours présente qui est dû aux radios et aux télés qui distillent les informations au compte-goutte. Personne ne sait réellement de quoi il s’agit ni de pourquoi et cela crée cette ambiance paranoïaque qui reste du début à la fin. J’ai trouvé que l’auteur décrivait à merveille l’état d’urgence dans lequel ils sont. Quand certains appartements sont pillés, que des objets sont volés, on voit avec quelle facilité ces gens déshydratés, apeurés, affamés s’imaginent des choses et dénoncent des camarades. Au début ils sont tous soudés et peu à peu quand les vivres se font plus rares, ils montrent clairement que c’est chacun pour soi et malheureusement on ne peut leur en vouloir. Ils vivent dans la crasse, infestés de puces et autres bactéries, n’ont pas de médicaments pour se soigner, etc…
Un autre point que j’ai trouvé super est la construction du livre. A chaque chapitre, on suit un jour de la survie. En tant que lectrice j’avais l’impression de suivre une feuilleton à la télé, une série où chaque chapitre est un épisode qui réserve son lot de bonnes et mauvaises surprises.

Pour parler maintenant des personnages, je les ai trouvés tous très courageux. Mike n’est pas du genre meneur et pourtant il est toujours présent aux côtés de Chuck son ami et voisin pour récolter de la neige afin de la boire une fois fondue, il est toujours prêt à aller dehors par des températures négatives pour récupérer quelques vivres. Malgré qu’il soit un peu peureux il cherche à tout prix à protéger les siens et je l’ai trouvé très courageux. Il se prive de nourriture pour son fils par exemple, autant d’actes qui prouve que son humanité ne s’est pas enfuie avec cette brusque attaque. Dès le début on sentait ses relations bancales avec Lauren et au fur et à mesure qu’ils traversent cette épreuve ensemble on les voit se souder et c’était très sympa à lire.
Chuck, Damon, Tony… Sont des personnages essentiels au livre, ils forment une petite famille avec Mike, Lauren et Luke très attendrissante. On a envie de les protéger, de leur dire que tout ira mieux, mais comme ces personnages on ne sait rien de qui a déclenché cette extinction de tout New York.

Certaines choses m’ont assez choquées bien qu’elles semblent pourtant prévisibles quand on commence un bouquin dans cette ambiance apocalyptique, je me garderais de vous le dire, je préfère que vous découvriez tout ça en dévorant ce bouquin comme je l’ai fait. J’ai trouvé que la fin arrivait un peu vite, sans dire que c’est bâclé je trouve qu’un chapitre de plus aurait été mérité. On ne doute pas des traumatismes qu’ils devront surmonter autant mentalement que physiquement après ces journées de véritable enfer. J’ai eu du mal à tourner la dernière page, je n’avais pas envie de quitter ces personnages merveilleux pour qui je m’étais inquiétée et attachée.

Tout au long du livre l’auteur nous montre à quel point avec l’arrivée d’internet, notre monde est fragile. Nous n’avons pas autant de liberté qu’on pourrait le croire et nous nous reposons constamment sur les autres. Il montre qu’un simple hacker peut immobiliser des industries qui dirigent l’électricité, il démontre qu’un seul grain de sable peut enrayer une machine bien huilée et c’est ce qui rend ce livre angoissant c’est qu’il est criant de vérité. Toutes les infrastructures d’aujourd’hui sont gérées sur internet et aucun gouvernement n’est à l’abri d’hackers qui déroberaient des informations.

Pour clore cette chronique, je pense que vous l’aurez deviné, je vous conseille ce livre, qui dépeint parfaitement un New-York post-apocalyptique, enseveli sous la neige et privé de tout ce qui est vital. Le lecteur est directement plongé dans une paranoïa, une criminalité et une histoire de survie qui tient au tripes et nous empêche de refermer le livre avant de connaitre le dénouement. Je vous le conseille chaudement et espère que vous passerez un aussi bon moment que moi.

Pour la note : 16/20.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s